Invisible, inodore et pourtant classé deuxième cause de cancer du poumon, le radon représente une menace silencieuse pour la santé dans nos habitations. Son origine : la décomposition de l’uranium présent dans le sol. Une fois créé, ce gaz radioactif s’infiltre sans bruit par les fissures et les matériaux poreux. Chaque année, plusieurs milliers de personnes en France sont exposées à un risque sanitaire majeur. D’où sa présence dans le diagnostic État des risques et pollutions (ERP). Face à ce constat alarmant, il devient indispensable de se poser les bonnes questions : comment cartographier les zones à risque ? Quels seuils et réglementations encadrent la mesure du radon ? Quelles actions correctives et pratiques de prévention mettre en œuvre pour protéger les occupants ? Pour répondre à ces enjeux, nous aborderons d’abord la nature du radon et ses effets sanitaires, puis le cadre réglementaire et les outils d’information du public. Ensuite, nous détaillerons les méthodes de mesure et les seuils de référence, avant d’explorer les voies d’entrée du gaz dans le bâti. Enfin, nous présenterons les solutions techniques et comportementales pour réduire l’exposition. Nous en profiterons pour vous proposer un focus sur les bonnes pratiques à adopter dès la conception des bâtiments neufs.
Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, provenant de la décomposition de l'uranium présent dans le sol, les roches et certains matériaux de construction. Invisible, inodore et sans goût, sa présence dans les bâtiments peut être insidieuse.
Le radon est un problème de santé publique majeur. Responsable de nombreux cas de cancer du poumon, il est classé comme étant la deuxième cause après le tabac. La compréhension des effets sanitaires du radon est essentielle pour évaluer l'ampleur des risques. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, nouvellement appelé ASNR) fournissent des données alarmantes sur l'incidence de ce gaz. Plusieurs milliers de décès annuels sont attribuables à l'exposition au radon.
La cartographie du radon est un outil précieux pour identifier les zones à risque. En France, le territoire est divisé en trois zones :
Cette classification aide à prioriser les actions de prévention et d'intervention.
Dans le cadre de la prévention des risques liés au radon, plusieurs documents réglementaires sont mis à la disposition du public. Le Document départemental des risques majeurs (DDRM) est consultable en préfecture ou en mairie. Il fournit une vision globale des risques environnementaux, y compris le radon.
Les mairies diffusent également le Document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM), qui détaille les mesures à prendre face aux risques identifiés. Plus généralement, il comprend également les risques liés au radon.
Des guides pratiques, comme l'Information Acquéreur Locataire (IAL), sont essentiels pour informer les futurs occupants sur les risques potentiels dans un logement.
Les publications de l'OMS et de l'ASNR (ex-IRSN) sont également des références incontournables pour comprendre les enjeux globaux liés au radon.
Pour évaluer la concentration de radon dans un bâtiment, la méthode la plus couramment utilisée est la pose de dosimètres passifs. Ces dispositifs mesurent la concentration de radon sur une période prolongée, généralement deux mois, idéalement pendant la période de chauffe où les maisons sont moins ventilées.
Les campagnes de mesure peuvent être professionnelles ou volontaires. Les particuliers peuvent choisir de mesurer eux-mêmes la concentration de radon dans leur habitation.
L'interprétation des résultats est cruciale pour déterminer les actions à entreprendre. Il existe 3 interprétations possibles :
Face à la présence de radon, des seuils de référence permettent de guider les actions à mener pour réduire l'exposition.
Une concentration inférieure à 300 Bq/m³ nécessite simplement de bonnes pratiques de ventilation. Il convient d'aérer régulièrement en ouvrant les fenêtres plusieurs minutes par jour.
Entre 300 et 1 000 Bq/m³ des recommandations renforcées sont à suivre. Une vérification et un entretien régulier des systèmes de ventilation existants sont indispensables, tout en veillant à ne pas obstruer les bouches d'air.
Pour des niveaux supérieurs à 1 000 Bq/m³, des actions correctives impératives doivent être mises en place. Ces actions incluent souvent des travaux plus conséquents pour améliorer l'étanchéité ou installer des systèmes de ventilation mécanique.
Le radon pénètre dans les bâtiments par plusieurs voies, principalement par transfert convectif et transfert diffusif.
Le transfert convectif se produit lorsque le radon s'infiltre par les fissures, les canalisations ou les joints mal étanchéifiés. En parallèle, le transfert diffusif concerne le passage du gaz à travers les matériaux de construction, même s'ils semblent solides. La migration du radon est facilitée par la porosité des matériaux, nécessitant une attention particulière lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments.
Pour remédier à la présence de radon, il existe plusieurs solutions, allant des actions simples aux techniques plus avancées.
Après toute intervention, un contrôle post-intervention est nécessaire pour s'assurer de l'efficacité des mesures mises en place.
Dans le cas des constructions neuves, la prévention du radon commence dès la conception. Comment ? Grâce à quelques éléments à prendre en compte dès le départ :
Le radon est une problématique de santé publique importante, et sa gestion nécessite la collaboration de nombreux acteurs, des occupants aux professionnels du bâtiment, en passant par les pouvoirs publics. La mise en place de mesures préventives et correctives adaptées permet de réduire significativement les risques d'exposition au radon et de protéger la santé des occupants. Des actions concertées et une sensibilisation accrue permettront de faire face à ce défi environnemental et sanitaire qui concerne de plus en plus de Français.