Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, invisible, inodore et sans goût. Il provient de la désintégration de l’uranium présent dans les roches et les sols. En s’infiltrant dans les bâtiments, il peut s’accumuler à des niveaux dangereux pour la santé. D’où sa présence parmi les risques évoqués dans l’État des risques et pollutions (ERP). En France, il représente la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Pourtant, il est encore méconnu du grand public. Ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le radon : ses dangers, comment savoir si vous êtes concerné, comment le mesurer et quelles actions concrètes mettre en place pour réduire son impact dans votre logement.
Le radon (Rn-222) est un gaz noble issu de la chaîne de désintégration de l’uranium,présent naturellement dans la croûte terrestre. Il est particulièrement présent dansles sols granitiques, volcaniques ou schisteux. Ce gaz radioactif s’échappe du sol etpeut s’infiltrer dans les bâtiments par les fissures, les joints de construction, lescanalisations ou les vides sanitaires. Une fois à l’intérieur, il peut s’accumuler,notamment dans les pièces peu ventilées comme les caves, les sous-sols ou les rez-de-chaussée.
Le danger du radon réside dans sa radioactivité. Lorsqu’il est inhalé, ses descendants radioactifs solides se déposent dans les voies respiratoires et émettent des rayonnements alpha qui peuvent endommager les cellules pulmonaires. À long terme, cela augmente significativement le risque de développer un cancer du poumon.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en France, le radon est responsable d’environ 3 000 décès par cancer du poumon chaque année. Le risque est
d’autant plus élevé chez les fumeurs.
La concentration en radon dans les bâtiments dépend principalement de la nature géologique du sol et de la ventilation du logement. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR, ex-IRSN) a mis en place une cartographie du potentiel radon sur l’ensemble du territoire français. Trois zones ont été définies :
Pour savoir si votre commune est située en zone à risque, consultez la cartographie officielle sur le site de l’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, issue de la fusion entre l’IRSN et l’ASN).
En plus de la zone géographique, le risque d’exposition au radon dépend également du type de bâtiment. Les constructions anciennes, mal étanchéifiées ou situées directement en contact avec le sol (sous-sols, rez-de-chaussée) présentent souvent des concentrations plus élevées. L’absence ou l’insuffisance de ventilation favorise également l’accumulation du gaz à l’intérieur. Ainsi, les habitations situées dans les zones 2 et 3, construites sur des terrains granitiques ou volcaniques et peu ventilées, sont particulièrement concernées.
La seule façon de connaître la concentration de radon dans votre logement est de la mesurer à l’aide d’un dosimètre. Il s’agit d’un petit boîtier passif que l’on place dans une pièce de vie pendant au moins deux mois, idéalement pendant la période de chauffe (automne-hiver), lorsque les fenêtres sont le moins ouvertes. Les dosimètres peuvent être commandés en ligne auprès de laboratoires agréés.
Une fois la période de mesure terminée, le dosimètre est renvoyé au laboratoire pour analyse. Les résultats sont exprimés en becquerels par mètre cube (Bq/m³). Le seuil de référence fixé par la réglementation française est de 300 Bq/m³. Au-delà de ce seuil, des actions correctives sont recommandées, voire obligatoires dans certains établissements recevant du public (ERP).
Si la concentration mesurée dépasse les 300 Bq/m³, plusieurs solutions existent pour réduire l’exposition au radon :
Ce système permet d’aspirer le radon sous la dalle du bâtiment avant qu’il ne pénètre à l’intérieur.Il est particulièrement efficace dans les zones à fort potentiel radon.
Même en l’absence de mesure, certaines bonnes pratiques permettent de limiter naturellement l’accumulation de radon dans un logement :
Bon à savoir : dans les constructions neuves, il est possible d’intégrer des dispositifs de prévention dès la conception (barrières anti-radon, vide sanitaire ventilé, VMC performante).
Pour les professionnels, depuis 2018, la réglementation française impose des obligations de mesure du radon dans certains établissements recevant du public (écoles, crèches, hôpitaux) situés en zone 3. Les employeurs doivent également évaluer l’exposition au radon dans les lieux de travail souterrains.
Pour les particuliers, le radon est mentionné dans le diagnostic Etat des Risques et Pollutions lors de la vente ou la mise en location d’un bien. Il peut aussi à tout moment être commandé sur France ERP par un particulier qui se questionne.
A noter : concernant les aides financières, certaines peuvent être proposées au niveau local ou régional pour financer les travaux de remédiation.
Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées, notamment à l’occasion de la Journée européenne du radon (7 novembre). Elles permettent de rappeler l’importance de la prévention et de la mesure.
Le radon est un risque invisible mais bien réel. En tant que gaz radioactif naturel, il peut s’accumuler dans les habitations et représenter un danger pour la santé, en particulier en cas d’exposition prolongée. Heureusement, des solutions simples et efficaces existent pour mesurer, prévenir et réduire sa concentration. En vous informant, en mesurant la présence de radon chez vous et en agissant si nécessaire, vous contribuez à protéger votre santé et celle de vos proches. N’attendez pas pour agir : vérifiez le potentiel radon de votre commune sur la cartographie de l’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, issue de la fusion entre l’IRSN et l’ASN), commandez un dosimètre et adoptez les bons gestes pour un air intérieur plus sain.