Depuis quelques années, l’État des Risques et Pollutions (ERP) est communiqué directement dans le Dossier de Diagnostic Technique immobilier. Un moyen d’informer de différents risques liés à l’emplacement du bien immobilier. Pour les futurs locataires et propriétaires, ce document offre plus de transparence et évite de futurs potentiels désagréments. L’ERP est enrichi régulièrement. C’est le cas avec le radon, un gaz radioactif qui fait parler de lui. Comment est-il mesuré et communiqué ? Suit-il des normes de mesures précises ? On vous en dit plus.
État des Risques et Pollutions : comment est mesuré le radon ? -  FRANCE ERP

1/ Quelques notions à savoir sur le radon

Le radon fait de plus en plus parler de lui. Son nom devient courant et pourtant… nous ne le connaissons pas encore si bien.

Il s’agit d’un gaz radioactif. C’est le moment de faire appel à vos souvenirs de cours de Chimie ! Le radon est issu de la désintégration de l’uranium et du radium, présents naturellement dans les sols et dans d’autres éléments naturels comme les rochers.

Le problème de ce gaz appelé “radon”, c’est sa radioactivité jugée nocive pour la santé. Un gaz de ce type est incolore et indolore. Impossible de l’identifier à l'œil nu pour le repérer. Seule solution : mesurer pour identifier sa présence et son niveau de nocivité / dangerosité. Arrêtez-vous quelques minutes sur l’Etat des Risques et Pollutions (ERP, ex-ERNMT) et prêtez une attention particulière au radon.

Pour en savoir plus sur le radon, lisez notre article : Qu’est-ce que le risque de radon ?

2/ Le radon, un risque chimique présenté dans l'État des Risques et Pollutions (ERP, ex-ERNMT)

Finalement, la présence du risque de radon dans l’Etat des Risques et Pollutions (ERP, ex-ERNMT) est assez récente. Le radon y est évoqué et analysé depuis 2018. Il est placé aux côtés d’autres risques comme le risque minier, de séisme, d’avalanche, de mouvement de terrain...

Le radon est considéré comme un risque “réglementaire”. En effet, un zonage géographique est effectué pour définir l’intensité du radon sur le territoire français. Plusieurs zones existent : de la zone 1 à la zone 3. L’Etat des Risques et Pollutions est là pour indiquer si l’immeuble se situe, oui ou non, dans une zone de niveau 3, c’est-à-dire une zone fortement exposée au radon où le danger y est le plus fort.

En détails, l’arrêté du 27 juin 2018 définit ces 3 zones à risque potentiel de radon ainsi :

  • zone 1 : risque faible de présence de radon
  • zone 2 : risque modéré de présence de radon. Des facteurs géologiques peuvent favoriser le transfert du radon dans l’habitation.
  • zone 3 : risque élevé de présence de radon.

Ces zones assez généralistes sont une première notion sur le radon. Rien de tel que de visualiser un État des Risques et Pollutions (ERP, ex-ERNMT) pour comprendre comment le risque de radon se présente :

3/ Des campagnes régulières et trois méthodes normées pour mesurer le radon

Pour définir ce zonage, plusieurs campagnes ont été menées en France sur plusieurs années. Au 1er Janvier 2000, l'Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) présentait cette carte de France indicative pour le zonage :

Carte des activités volumiques du radon dans les habitations
Pour plus de renseignements sur les campagnes de radon, voir le site de l'IRSN.

Pour mener à bien ces campagnes, il était essentiel de ”normer” les mesures de radon. Grâce aux normes AFNOR, le radon est mesuré avec du matériel conforme au protocole selon 3 méthodes :

  • La mesure ponctuelle : il s’agit d’un prélèvement effectué en moins d’une heure sur une surface précise.
  • La mesure intégrée : elle s’effectue sur au moins une semaine pour mesurer plusieurs cycles et les variations d’intensité sur une journée.
  • La mesure en continu : ici, la durée varie en fonction de ce qui est recherché. Cette méthode s’applique beaucoup plus souvent au monde industriel, à la recherche d’une information précise.

Pour ce qui est des bâtiments (donc des biens immobiliers comme une maison, un immeuble…), la méthode “intégrée” est plus appropriée. Ainsi, grâce aux variations dans la journée, on peut comparer plus clairement les résultats avec la réglementation en vigueur. Pour retrouver la méthode en détails, elle est décrite dans la norme AFNOR NF M60-771.

4/ Le dosimètre, l’appareil pour mesurer le radon chez soi ou dans un immeuble

L’État des Risques et Pollutions (ERP) est une première étape. La partie sur le risque du radon est là pour vous prévenir et vous alerter sur un potentiel risque. Si vous souhaitez aller plus loin, il faudra passer par une mesure précise dans l’immeuble ou la maison.

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cet instrument : le dosimètre ? Le dosimètre, c’est l’appareil qui peut mesurer la concentration de radon présente dans une pièce. Et cela, pendant une durée que vous définissez. Comme vu précédemment, on vous conseille 1 semaine pour bien prendre en compte les variations dans la journée.

Comment fonctionne un dosimètre ? C’est très simple. Prenez un appareil photo et transposez-le pour la mesure de radon. Cet instrument prend une photo de la concentration de radon dans l’air à l’instant T. Après, vous mesurez les variations dans la journée.

Avant de mesurer le radon précisément dans un bien immobilier, l’important est de connaître la zone, et donc le niveau de risque étudié par l’ERP.

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